BLOCS#32 □ Bonjour, nous sommes le mercredi 25 septembre et voici le trente-deuxième épisode de votre condensé d’actualité utile sur le commerce international. Suivez-nous également sur LinkedIn.
DÉBUT DE SAISON □ L’été est terminé et BLOCS repart à l’attaque, en reprenant, à compter de ce jour, son rythme hebdomadaire. Après une année de travail enthousiaste mais totalement bénévole, nous abordons ce deuxième chapitre avec l’envie intacte de vous informer et de vous donner à réfléchir sur les enjeux brûlants du commerce international, mais aussi le désir de pérenniser notre projet. Découvrez ici notre nouvelle stratégie et le rôle que vous pouvez jouer à nos côtés.
Super-bloc
La création d’un poste de commissaire « au Commerce et à la Sécurité économique » par Ursula von der Leyen semble confirmer le nouveau tournant pris par l’UE en matière commerciale. Le chevronné et discipliné Maroš Šefčovič, qui hérite de cette fonction, ne devrait pas ménager ses efforts. Reste à savoir comment ce concept mouvant de sécurité économique se traduira dans les faits.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le nouveau commissaire au Commerce et à la Sécurité économique, Maroš Šefčovič. © Union européenne, 2024
POLITIQUE ÉCONOMIQUE EXTÉRIEURE □ « L’Europe doit se doter d'une nouvelle politique économique étrangère. Le libre-échange équitable doit rester le moteur de notre prospérité, mais il doit aussi nous permettre de réduire nos dépendances et contribuer à développer des partenariats durables dans le monde entier, au bénéfice des consommateurs et des entreprises ».
C’est avec ces mots que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté la mission de Maroš Šefčovič, nouveau commissaire au Commerce et à la Sécurité économique, lors de l'annonce, mardi dernier, de l'exécutif européen pour la période 2024-2029.
Pour son quatrième mandat à la Commission, le Slovaque, qui a notamment joué un grand rôle dans les négociations du Brexit et est reconnu pour sa fiabilité et sa discrétion à Bruxelles, se voit confier un portefeuille inédit : celui de la sécurité économique.
Ce concept, encore flou, désigne dans le jargon bruxellois un ensemble de mesures visant à réduire les dépendances excessives de l'Union européenne envers les pays tiers et à renforcer la résilience de ses chaînes d’approvisionnement, tout en préservant un système commercial ouvert.
Ce changement confirme une révision profonde de la vision européenne de l’ouverture économique et du commerce international, longtemps perçus comme des moteurs de paix et de prospérité, mais qui révèlent désormais des vulnérabilités.
À ce poste hautement politique, le Slovaque aura ainsi pour mission, s’il reçoit l’approbation du Parlement européen début novembre, de trouver un compromis équilibré entre les intérêts parfois divergents des Etats-membres pour mener une politique ferme face au protectionnisme montant des Etats-Unis et de la Chine (BLOCS#2).
ARSENAL DÉFENSIF □ Un bout de chemin a déjà été parcouru. Depuis 2020, l’UE a commencé à se doter d’un arsenal défensif qui doit lui permettre de mieux protéger ses intérêts : un cadre pour le contrôle des exportations de biens à double usage (civil et militaire), un règlement pour promouvoir la réciprocité dans l’accès aux marchés publics, une législation pour lutter contre les importations sur son sol de biens dopés aux subventions de pays tiers, ou encore un instrument anti-coercition pour aider l’UE à lutter contre le chantage économique de pays tiers.
Par ailleurs, dans sa toute première stratégie pour protéger la sécurité économique de l’UE, Bruxelles a annoncé en janvier 2024 le renforcement du mécanisme de contrôle des investissements étrangers en Europe, entré en vigueur fin 2020, et que seuls 22 Etats membres avaient adopté. La Croatie, la Bulgarie, Chypre, l'Irlande et la Grèce ne s'en sont pas dotés - ce qui crée des vulnérabilités pour l’ensemble de l’Union, selon l’exécutif européen.
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