BLOCS#41 □ Bonjour, nous sommes le mercredi 4 décembre et voici le quarante-et-unième épisode de votre condensé d’actualité utile sur le commerce international. Suivez-nous sur LinkedIn.
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Super-bloc
Attractivité de la France plombée par l’incertitude politique, interminable suspense sur l’accord UE-Mercosur, débats sur la bonne stratégie contre Trump, conflit Bruxelles-Pékin … Alors que de multiples actualités se chevauchent, BLOCS a balayé les grands sujets commerciaux du moment dans un entretien avec Marie-Pierre Vedrenne (Modem) l’une des eurodéputées les plus influentes sur la politique commerciale lors du précédent mandat. La cheffe de la délégation « Europe Ensemble » au Parlement européen implore l’UE de préserver son unité face aux nombreux périls.
Marie-Pierre Vedrenne
BLOCS : Le gouvernement Barnier pourrait tomber ce mercredi. L’incertitude politique pèse sur l’économie française : les défaillances d’entreprises grimpent et on craint une recrudescence du chômage, sans parler du budget et du sujet de l’endettement : dans quelle mesure êtes-vous inquiète pour notre pays ?
MARIE-PIERRE VEDRENNE : Il faut regarder la réalité en face : tant d’un point de vue politique qu’économique, que pour la vie de nos entreprises, on a effectivement connu des moments plus glorieux. En France, on ne voit hélas pas la logique de la responsabilité primer parmi les élus et les forces politiques. La situation suscite énormément de questions de la part de collègues à Bruxelles. Elle a un impact sur notre action à l’échelle de l’Union, sur les marchés financiers …
La grande inquiétude des investisseurs étrangers vis-à-vis de la France est née au moment de la dissolution de l’Assemblée nationale. Sentez-vous que le regard porté sur l’Hexagone a changé ?
Je crois qu’on percevait déjà la France différemment des autres Etats membres auparavant, avec un regard ambivalent, mêlé d’admiration et parfois de consternation. Au moment du débat sur les retraites, on nous demandait déjà : « comment allez-vous vous en sortir ? ». Il y a depuis un petit moment une interrogation sur la capacité de la France à mener des réformes structurelles, à continuer d’avancer.
Ceci dit, les difficultés politiques et économiques de l’Allemagne et l’instabilité dans d’autres pays provoquent aussi de l’inquiétude. D’autant plus à l’heure où l’on a besoin d'États membres solides et d’unité pour faire face au retour de Trump, à l’attitude de la Chine, à la guerre en Ukraine …
« Certains au sein de la Commission européenne aimeraient profiter de la relative faiblesse de la France pour se dépêcher de signer l’accord UE-Mercosur »
Paris manœuvre pour faire dérailler la conclusion de l’accord commercial UE-Mercosur. Cependant, la Commission pourrait-elle profiter du chaos politique en France pour le signer, pourquoi pas dès le Sommet du Mercosur qui se tiendra ces jeudi et vendredi à Montevideo ?
Certains à Bruxelles sont dans cette logique, y compris au sein même de la Commission européenne. Mais je n’ai pas le sentiment que profiter de la relative faiblesse de la France pour se dépêcher de signer soit la volonté ni de la présidente Ursula von der Leyen, ni de la cheffe de la Direction générale du Commerce de la Commission [la DG Trade], Sabine Weyand, avec qui j’en parlais encore ce mardi matin.
Leur enjeu est plutôt : comment répondre aux craintes exprimées au sein de l’UE et parmi les pays du Mercosur ? Comment convaincre les Etats membres et le Parlement européens que la Commission a mené un bon travail de négociations ?
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