BLOCS#22 □ Bonjour, nous sommes le lundi 6 mai et voici le vingt-deuxième épisode de votre condensé d’actualité utile sur le commerce international. Suivez-nous également sur LinkedIn.
LE VENT DE LA CAMPAGNE □ BLOCS s’associe à 100% Europe, une émission politique interactive conçue par Canalchat Grandialogue et animée par notre cofondateur Mathieu Solal, avec l’objectif de remettre l’UE au coeur des élections européennes de juin prochain. Ce lundi 16h, il reçoit l’eurodéputé Pierre Larrouturou, tête de liste “Changer l’Europe”. Posez-lui vos questions et regardez l’émission en direct ici.
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Super-bloc
Emmanuel Macron, qui reçoit Xi Jinping lundi et mardi, ne mâche pas ses mots dans la dénonciation de la concurrence déloyale chinoise. Mais tout en soutenant fortement la riposte européenne en gestation, le président de la République aimerait obtenir de nouveaux investissements en provenance de l’Empire du Milieu pour doper l’industrie française. Explications.
Emmanuel Macron et Xi Jinpig dans le jardin de la résidence du gouverneur de Guangdong, en Chine, le 7 avril 2023. © Jacques Witt/SIPA/Shutterstock
ÉCHANGE MUSCLÉ □ Les tensions commerciales entre la Chine et l’UE seront au cœur de la visite d'État de Xi Jinping en France, ces lundi et mardi.
Emmanuel Macron et le président de la République populaire de Chine aborderont notamment la question des véhicules électriques chinois, dont la vague en passe de déferler sur le marché européen préoccupe tant les constructeurs français.
La Commission européenne, qui a lancé en septembre une enquête sur les subventions massives accordées par Pékin au secteur, avance vers l’imposition de droits de douane punitifs, probablement d’ici début juillet, avec la bénédiction de Paris.
L’échange promet d’être musclé entre les deux dirigeants. « Les Chinois tiennent la France pour instigatrice » de cette enquête, explique Marc Julienne, directeur du Centre Asie de l’Institut français des relations internationales (IFRI) dans une récente note.
Rien d’étonnant, dès lors, à ce que la Chine ait décidé de cibler en représailles, via sa propre enquête, le secteur des eaux-de-vie de vin en Europe. Or, 96 % des exportations de l’UE vers l’Empire du Milieu de ces alcools - parmi lesquels figurent le cognac et l’armagnac - proviennent de France.
Les producteurs français espèrent que la rencontre entre les deux chefs d’État permettra de les épargner des sanctions chinoises qui pourraient elles aussi être décidées en juillet. L’Elysée ne semble toutefois pas avoir l’intention de mettre en sourdine ses récriminations quant au caractère déloyal de la relation commerciale avec la Chine.
Dans une interview à The Economist en amont de la rencontre, Emmanuel Macron a ainsi affirmé soutenir - outre celle sur les voitures électriques - la série d’enquêtes anti-subventions lancées par Bruxelles ces derniers mois dans les secteurs du solaire, de l’éolien et du ferroviaire, ou encore la récente enquête sur l’accès aux marchés publics chinois pour les matériels médicaux.
CADRE EUROPÉEN □ Dans le droite ligne de son deuxième discours de la Sorbonne, M. Macron entend donc inscrire le face à face avec Xi Jinping dans un cadre européen, comme le montre par ailleurs l’invitation de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à la rencontre de ce lundi.
Olaf Scholz a lui aussi été invité, mais devrait faire faux bond. Le chancelier allemand, qui a tendance à jouer sa propre partition avec la Chine (BLOCS#20), avait omis de soulever les dossiers les plus brûlants des subventions chinoises, ou du soutien de Pékin à la Russie via la fourniture de biens à double usage - sujet qui doit aussi être évoqué lundi.
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