BLOCS#33 □ Bonjour, nous sommes le mercredi 2 octobre et voici le trente-troisième épisode de votre condensé d’actualité utile sur le commerce international. Suivez-nous également sur LinkedIn.
Super-bloc
Blocage du canal de Suez, ralentissement des importations israéliennes, embargo turc, impact sur l’Europe… Au lendemain des tirs de missiles iraniens sur Israël et à quelques jours du premier anniversaire des massacres du 7 octobre qui ont initié une multiplication des conflits au Proche-Orient, BLOCS analyse les principales conséquences sur le commerce international.
Benyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien. © Abir Sultan / Flickr
L’ESCALADE EN MER ROUGE □ « Une catastrophe économique pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord et certains de ses ports, une aberration écologique (flambée des émissions de CO2), et un non-sens sur le plan de l’exploitation (augmentation des dépenses d’exploitation et des primes d’assurance, partiellement compensée par l’économie du péage de Suez) » : tel est le bilan que dressait en juin le Journal de la marine marchande au sujet de la crise en mer Rouge, où transite habituellement près de 15 % du volume total des échanges de marchandises mondiales.
Trois mois plus tard, le constat reste le même, en pire. Bientôt un an après le début des attaques visant des navires commerciaux revendiquées par les rebelles houthis du Yemen pour « soutenir les droits des Palestiniens », la situation est toujours plus explosive.
Mardi, deux navires commerciaux ont ainsi été touchés par le groupe chiite, dans un contexte régional marqué par l'escalade des opérations militaires israéliennes contre le Hezbollah au Liban.
Ces nouvelles attaques signalent un retour de la violence visant les navires commerciaux en mer Rouge, alors que le dernier épisode datait du 2 septembre. De quoi faire craindre un nouvel évitement général de la zone par les grands armateurs, qui adoptent pour l’heure une approche « au cas par cas ».
En dépit des ripostes israéliennes, américaines, ou de la présence de navires militaires occidentaux en mer Rouge, les plus de 80 attaques recensées contre des navires commerciaux ont fait 4 morts parmi les équipages. L’escalade en cours devrait provoquer une nouvelle augmentation des tarifs et des délais du fret maritime, mais aussi un maintien d’un prix élevé du baril, les pétroliers étant notamment dans le viseur des rebelles.
LA START-UP NATION BAT DE L’AILE □ Les conflits au Proche-Orient pèsent lourdement sur l’économie israélienne. Au deuxième trimestre les exportations de l’Etat hébreu se sont contractées de 8,3 %. En rythme annuel, la croissance n'est plus que 1,2 %, alors qu'en 2022 ce taux s’élevait à 6,5 %.
Cette dernière projection, publiée en août par le Bureau central des statistiques, ne tient pas compte des répercussions de la récente escalade avec le Hezbollah libanais et l’Iran qui menacent de dégénérer en guerre totale. L’incertitude qui plane depuis douze mois sur le pays a causé une fuite massive des investisseurs : les investissements directs à l'étranger (IDE) avaient chuté de 55,8 % durant le premier trimestre de 2023 (BLOCS#29) et ont modestement rebondi ces derniers mois.
Cet exode affecte en particulier le secteur de la high-tech, lequel assure à lui seul la moitié des exportations de l'Etat hébreu. Le pays souffre en outre de mesures de boycott, comme celles prises par le fonds souverain irlandais ou, de manière bien plus massive, par la Turquie (voir ci-dessous).
Le tableau est toutefois loin d’être uniforme. Entre mai 2023 et mai 2024, le volume des échanges commerciaux entre Israël et les pays à majorité sunnite - voyant l’Iran comme une menace - avec lesquels ont été signés les accords d’Abraham (Émirats arabes unis et Bahreïn en 2020, puis Maroc et Soudan en 2021) ont augmenté de 16%.
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